Au milieu d'une pinède
longée par une rivière tranquille
proche de mon bled
il y a un terrain où l'on empile
comme des sardines bien rangées
des tas de gens de toutes contrées
qui viennent se dépayser ...
Ils y sont rares ceux qui portent encore sur leurs dos
leurs habitations comme le font les escargots
je les aime bien ces voyageurs à pied
ils me rappellent mes folles années ...
Certains grâce à leurs pédaliers
traversent montagnes et forêts
débarquent en sueur harassés mais heureux
j' ai plein d'admiration pour ces iténérants ...
Plus nombreux sont ceux qui arrivent en pétéradant
leurs combinaisons en cuir collées à la peau
sur leurs deux roues crevés aussi mais joyeux
à eux aussi je dis bravo ...
Et puis il y a le troupeau des nomades en bagnole
avec des toîts de toile ou de taule
et des camping-cars de plus en plus gigantesques
on pourrait presque y cultiver des pastèques
les gens ressemblent à leurs maisons ...
Olé ! Olé !
Il avale son verre de rhum cul sec
Sort de sa housse sa guitare
Et une gitane au bec
Entame une mélodie " del Camaron " sa star
Ouf ! car je n'apprécie pas le flamenco mièvre
Celui des gipsys de pacotille
Ce soir il est en verve
Sous ses doigts fins et agiles
L'instrument prend vie
Il en jaillit une harmonie
Qui nous prend aux tripes
Nous donne des frissons
Et grâce à ce sacré type
Nous voyageons....
Juliette