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    Nettoyage par le feu

     
     
     
     
     
     
    Samedi, journée d'acalmie après une semaine de grisaille, le soleil joue à cache-cache avec les nuages mais sort quand même son nez, je décide de brûler dans le jardin commun, au milieu duquel trône un beau foyer capable de recevoir un méchoui, les cartons de notre déménagement qui depuis trois mois traînent sur la minuscule terrasse, sous les yeux réprobateurs de la proprio qui passe de temps en temps, rarement heureusement, faire son inspection des travaux pas finis .
     
    Et il y  en a un pacson de cartons entassés pêle-mêle, selon mon inspiration, plusieurs rangées à étages ... des pyramides  instables, des tours de Pise détrempées par la pluie qui menacent de s'écrouler .
     
    Je craque joyeusement des allumettes, j'aime les flambées,  et j'enflamme les emballages !
    j'en jette un peu trop à la fois, de grandes étincelles s'envolent à droite, à gauche,  mais je les contrôle maîtresse de mon feu
                                           
    Deux femmes surgissent dans le jardin voisin, je les salue , l'une me répond , la seconde se retourne et j'aperçois une vilaine et vieille petite sorcière trapue au visage bouffi encadré d'une épaisse chevelure longue et blanche  en bataille !  (bouh ! je n'aimerais pas la croiser la nuit ) qui m'agresse méchamment en criant :
    "   Encore  vous ! vous recommencez  à faire des feux ?  vous êtes complètement folle !  c'est dangeureux ! éteignez le tout de suite ou j'appelle les flics "  
    ? ? ?  je ne la connais pas ! 
    L'autre, la prend alors par la main et l'emmène avec elle 
     ouf ! elle et partie ... on peut donc jamais être tranquilles ...
     
    Impressionnée je vais chercher arrosoir, pelle, extincteur, lance d' incendie, tuyau, toute ma panoplie de pompier, je suis prévoyante ! dommage, il me manque le canadair.
     
    Et puis je ne peux pas terminer mon brûlage, mais j'ai le temps, y'a pas le feu , car il recommence à pleuvoir ... tant mieux ça éteindra mon feu !
     
    Juliette qui aime jouer avec le feu
     
     
     
     
     
     
     

    Adieu séducteurs clopeurs !

     
     
                                       
     
     
     C'est l'heure de l'apéro ... Tout en sirotant un pastis et en lisant le journal dans ce bar de banlieue déniché par hasard , il observe les gens peu nombreux , à leur aise , des habitués,  qui discutent de choses et  d'autres avec plus ou moins de véhémence selon le sujet abordé ... De temps en temps l'un d'entre eux  sort  griller une cigarette !
    Le patron lui aussi s'éclipse pour inhaler sa dose de nicotine ...
     
    Il constate que tous sont  fumeurs !
      
    Et puis au  beau milieu d'une conversation qui s'enflamme, une jeune femme tout en exposant ses arguments allume sa clope . Tout les regards se dirigent  alors vers elle .
    Point de mire du comptoir , elle continue son bavardage comme si de rien n'était !
     
    Après plusieurs ricanements, applaudissements et sifflements des clients ... le barman dit : Ola miss ! quand y'a de la gêne y'a plus de plaisir ! tu fumes à l'intérieur maintenant ?
     
    Elle s'aperçoit de son délit et tout en s'excusant et râlant va terminer et écraser son mégot  sur le trottoir ,  au milieu de la puanteur des pots d'échappement et de toutes sortes de relents qui embaument l'air de la ville...que les non fumeurs eux aussi respirent ....
     
     
    Juliette qui a tous les vices !
     
     
     
     
     
      

    Seulette

     
     
                                                                                 Moebius

    Elle attend , sans état d'âme, dans la rue glaciale, habituée à ces soirées sordides qui font partie de son quotidien .
     Elle n'a même plus peur, elle s'en fout, elle attend qu'on l'aborde c'est tout, elle attend de faire ce qu'elle doit faire sans sentiments , sans joie, ni plaisir, elle attend de gagner sa soirée, et de rentrer se coucher, dans sa chambrette où elle pourra enfin retourner,en rêve, chez elle, dans son pays qu'elle a quitté, en y laissant ceux qu'elle aime !
    Se vider la tête, essayer d'oublier ce temps passé à attendre au coin d'une rue sale et sinistre qu'un inconnu la tourmente ... la détruise un peu plus ... laver son corps, se nettoyer des souillures d'une vie qu'elle n'a pas choisie, et ... pour quelques heures redevenir la petite fille qu'elle est  encore ...
     
     
     Juliette
     
     
     
     
      

    Tête de linotte

     
     
     
     
    Je me lève  chaque matin au moins une heure avant  de partir bosser car j'aime prendre mon temps pour préparer le petit déjeuner,  la biasse de mon mari qui mange sur les pistes de ski , le repas de ma minette, qui reste cloitrée dans notre bergerie par peur des matous du quartier qui la traquent la pauvrette, et retaper mon apparence... mais ça ne suffit pas, je suis toujours à la bourre !
     Je perds mon temps non pas en faisant l'amour mais en choses sans importance, en bricoles et alors au moment de quitter ma baraque, je speede comme une folle , et bien entendu il y a toujours quelque chose que j'oublie de mettre dans nos sacs ou mes poches : briquet , cafetière italienne, pain , écharpe , gants, euros, hamac, lunettes de soleil  que j'ai d'ailleurs perdu il y a deux jours et ... autres bagatelles ...
     je m'en aperçois une fois arrivée au boulot et  je maudis ma tête de linotte ,  pourtant  pas intoxiquée par la marijuana ...mais qui me lache un peu la sotte !
     
            
     
     
    Je devrais quand même de temps en temps atterrir et revenir sur terre
    Manger beaucoup de poissons et des fruits de mer
    Pour avoir une mémoire d'éléphant
    Et ne pas tout oublier comme un petit enfant
     
    Il y a des tas de légumes remplis de vitamines
    Qui empêchent de perdre la bobine
    Boire du jus de raisin
    Plutôt que des verres de vin
     
    Fumer moins de clopes
    Essayer de ne pas devenir une vieille taupe
    En me souvenant que je n'ai plus vingt ans
    Qu'avec le temps nos facultés foutent le camp...
     
    Et puis non quelle barbe ça me raserait
    De penser sans arrêt à ma santé !
     
     
     Gugliettina qui perd la boule